Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

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Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un de mes articles humeur. En tant que bonne râleuse professionnelle, j’écris beaucoup d’articles pour me plaindre, de tout et de rien. Bien sûr, je ne publie pas tous ces articles parce que je pense qu’un exode massif aurait eu lieu depuis longtemps par ici. Mais aujourd’hui, je fais une petite exception pour vous parler du marché du travail. Parce qu’il commence vraiment à me courir sur le haricot.

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

Partons d’un postulat très simple. J’ai 28 ans, un master 2 de marketing en poche et 5 années d’expérience derrière moi. J’ai démissionné de mon ancien boulot pour recommencer ma vie ailleurs et je suis dans une phase affreuse de recherche d’emploi. Maintenant que vous savez tout, passons à mon coup de gueule (et si vous n’avez pas envie de m’entendre râler contre le marché du travail, vous pouvez toujours aller lire ma chronique sur ma dernière lecture, parce qu’elle était très sympa).

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

/!\ Pour que cet article soit plus digeste, je vous propose des gifs tout au long de votre lecture, histoire que vous ne sombriez pas dans une crise d’angoisse à cause de moi. /!\

Quelle est votre principale qualité ?

Il y a encore quelques mois, j’étais dans une situation professionnelle idéale pour beaucoup d’entre vous. J’avais un CDI, un poste pas trop compliqué et pas trop loin de chez moi. Alors pourquoi avoir tout quitté ? Voyez-vous, j’ai obtenu il y a 5 ans mon master 2 de marketing à l’EM de Strasbourg. A cette époque, j’étais pleine de rêves et je vivais dans mon monde de bisounours. De retour chez moi, en Franche-Comté, je me suis pris la réalité du marché du travail en pleine face ! Pour postuler à des postes nécessitant un master, il faut au minimum 10 ans d’expérience. Et quand on postule à des postes qui nécessitent moins de diplôme, ah ben non ! On est trop diplômé cette fois. Alors si je suis trop diplômée mais que je n’ai pas assez d’expérience pour tous les postes proposés sur Pôle Emploi ou autre, qu’est-ce que je fais ?

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

Voilà mon premier coup de gueule ! En parlant de cette situation autour de moi, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule dans ce cas. Les entreprises veulent des profils parfaits : très diplômés, très compétents, avec de l’expérience et qui ne demandent pas trop cher (ça je vais y revenir). Mais vous savez, ce n’est pas parce qu’on a peu d’expérience qu’on n’est pas compétent ! Et si personne ne nous donne notre chance, on ne risque pas de s’en faire de l’expérience ! Vous savez, une personne motivée et passionnée par son domaine d’activité apportera beaucoup plus à une entreprise qu’une personne qui s’ennuie dans son domaine depuis 10 ans ! Mais ça, les entreprises n’ont pas l’air de vouloir le comprendre ! Je ne compte pas combien de fois je me suis fais recaler sur un poste parce que « non mais vous êtes trop diplômée pour ce poste vous allez vous ennuyer » ou « malheureusement, on recherche quelqu’un avec plus d’expérience qui peut justifier de réels succès en entreprise ». Des succès en entreprise… Voilà une nouveauté qui vient d’apparaître dans les offres d’emploi. On ne demande plus un candidat avec de l’expérience mais quelqu’un qui peut justifier du succès en entreprise. J’ai tenu 4 ans sur un poste qui ne me plaisait pas avec une équipe qui me sortait par les trous de nez et avec le sourire ! Si ça c’est pas un succès en entreprise, je ne sais pas ce que c’est !

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

Enfin bref, je suis de nouveau coincée face à un marché du travail exigeant qui ne veut pas laisser sa chance aux débutants.

Vous vous voyez où dans 5 ans ?

Bon alors en plus de n’avoir « que » 5 ans d’expérience en webmarketing et un diplôme universitaire, je possède une nouvelle tare qui vient me plomber un peu plus sur le marché du travail. Oui, j’ai aussi découvert qu’être une femme de 28 ans est un handicap que j’avais sous-estimé. « Donc vous n’avez pas d’enfants… ? ». Les recruteurs savent bien qu’ils n’ont pas le droit de demander à une femme si elle compte avoir des enfants dans les 5 prochaines années mais les sous-entendus sont tellement gros qu’on les voit venir à 10 km ! Non, effectivement je n’ai pas d’enfants. Dans la tête du recruteur, une alarme stridente rouge écarlate se déclenche ! Dans les préjugés de notre société actuelle, je suis à un âge où je vais vouloir des enfants avant mes 30 ans. Donc m’embaucher moi, c’est devoir prévoir un congé maternité, des absences pour enfants malades et tout le bazar. Trop de risques ! Et contre ces préjugés, je n’ai pas encore trouvé de parade.

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

Je récapitule, j’ai 28 ans, je n’ai pas d’enfant, j’ai un master mais pas assez d’expérience. Vous voyez dans quelle galère je me trouve ? Oh et en plus, je fais du 42. Je viens de lire une étude qui dit qu’on a beaucoup plus de chances d’être embauché si on fait un 38 plutôt qu’un 42. Nous voilà bien ! Alors face à toutes ces barrières, il y a 5 ans, après 6 mois de chômage après avoir obtenu mon diplôme, j’ai accepté le premier boulot que l’on m’a proposé. C’est comme cela que je suis devenue conseillère dans une agence de voyages. J’ai accepté un poste qui ne me plaisait pas, dans un domaine de compétence qui n’était pas le mien et avec un salaire minable. Est-ce vraiment ce que nous devons accepter pour pouvoir travailler ? Il m’a fallu longtemps pour avoir le courage de dire non ! Non, je ne veux pas d’un boulot qui ne me correspond pas ! Je ne veux pas faire un burn-out tous les ans et une dépression en prime pour un boulot qui ne m’apporte rien et qui me considère uniquement comme un matricule ! Je veux m’épanouir dans ma vie professionnelle même si cela m’a demandé beaucoup de sacrifices (et je suis sûre que je vais devoir en faire quelques-uns).

Quelles sont vos prétentions salariales ?

On arrive à la partie qui me met le plus hors de moi ces derniers temps : la rémunération ! Parce que les entreprises, en plus de vouloir le candidat parfait, ne veulent pas trop dépenser non plus. Il ne faut pas exagérer ! Le mois dernier, j’ai accepté une mission d’un mois en entreprise pour un salaire au SMIC. Le job avait l’air vraiment cool et surtout il était dans mon domaine : le marketing digital. Alors pour une mission aussi courte, j’ai accepté d’être payée au SMIC. Cela m’a fait mal au cœur mais je voulais vraiment cette mission qui allait m’apporter de l’expérience supplémentaire. Si je vous raconte ça, ce n’est pas pour rien parce que ce qui est important, c’est ce qui est arrivé après. A la fin de mon contrat, et comme mon supérieur était content de mon travail, on m’a proposé un contrat supplémentaire de deux mois. Et là, ce fût le drame !

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

J’avais fait mes preuves pendant un mois et il était légitime que je renégocie mon salaire. Au vu de mon profil, je vous assure que je n’ai pas demandé grand chose en plus. J’ai fait ma demande aux RH et j’étais prête à batailler pour mon augmentation. Mes arguments étaient prêts et ma motivation au top ! Et vous savez ce qu’on m’a répondu ? « Désolé mais on n’a pas le budget ». Pas de discussion, pas de négociation. C’était le SMIC ou rien. Alors pour la première fois dans ma vie professionnelle, j’ai dit non ! Parce que j’en ai marre de ces entreprises qui dévalorisent les employés et qui nous font comprendre que de toute façon, il y a 10 autres candidats qui accepteront leurs conditions sans broncher. Eh bien moi, j’en ai marre. Mon travail vaut plus qu’un SMIC. Mon profil vaut plus qu’un SMIC. Peut-être que je mettrai plus de temps à trouver un nouveau job mais quand ce sera fait, ce sera dans une entreprise dans laquelle je me sens bien et qui ne me prend pas pour un jambon.

Pourquoi vous et pas un autre ?

Si vous êtes arrivé jusque-là, je ne peux que vous féliciter ! Moi-même je ne suis pas sûre d’avoir envie de relire entièrement cet article ! Mais quand je suis énervée, je n’arrive plus à m’arrêter d’écrire. En fait, quand j’y pense, je ne suis même pas énervée contre ce marché du travail qui me rabaisse tous les jours. Non, en fait je suis triste. Cela me rend triste de voir que lors d’une recherche d’emploi, je ne suis pas une personne. Je suis des compétences, des années d’expérience et une prétention salariale. Les recruteurs se fichent de savoir si j’aime le webmarketing, si je suis motivée ou les domaines qui me passionnent. Je ne suis pas Marine, je suis juste une candidate parmi 100 autres. Et si je ne coche pas toutes les cases du profil recherché, alors on me mettra à la poubelle sans aucun état d’âme.

Cher marché du travail, je te hais de tout cœur.

Je ne sais pas si des gens vont lire cet article mais j’avais besoin de faire sortir tout ça, de l’écrire pour l’extérioriser une bonne fois pour toutes. Et pendant que je vous parle, Pôle Emploi vient de m’envoyer une offre d’emploi. Un poste de secrétaire à mi-temps. Voilà, voilà. C’est pas gagné ! Mais je continue à y croire, je ne lâche rien !

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About Author

Je suis la créatrice de ce blog et rédactrice bien entendu ! J’ai une passion pour Disney et les films d’horreur, eh oui j’aime autant les princesses que les zombies (et je ne vous parle même pas des princesses zombies !). Je suis très éclectique comme lectrice mais aussi dans mes choix de films / séries, je passe des comédies romantiques aux drames ou aux thrillers bien sanglants sans aucun problème ! Rien de m’arrête !

14 commentaires

  1. Je ne peux que me reconnaître dans ton coup de gueule ! Et j’en rajouterai un autre: ne pas avoir de voiture est un gros frein ! Pour les patrons, prendre les transports en commun est un handicap: Leur salarié ne sera jamais à l’heure ! Je le sais, on me l’a dit en entretien ! Ce à quoi j’ai répondu que prendre le bus ne m’a jamais empêchée d’être à l’heure, et qu’il y avait d’autres solution comme le co-voiturage. Mais c’était (bien-sur) parler dans le vide ! Je savais déjà sa réponse à son hypocrite « On vous rappellera ! » Tu parles ! C’est MOI qui ai dû le rappeler pour avoir une réponse ! Ça, ça les fait chier !

    Tu as tout mon soutien et plein d’ondes positives !

    • Je n’ai jamais été confrontée à ce problème car je possède une voiture mais je ne peux que comprendre ta colère face à ce genre de réflexion !
      Oh et le terrible « On vous rappellera » avec une tête affichant bien le contraire, cela m’insupporte aussi !
      Merci en tout cas pour ton commentaire <3

  2. Premièrement, je te souhaite bien du courage.
    Deuxièmement, est-ce que j’ai le droit de pleurer ? J’ai deux licences (une de droit et une d’histoire de l’art) et je suis en bonne voie pour avoir mon master 1 et je fais une demande d’un master 2. Et pour couronner le tout, je cherche dans le domaine de la culture… Je suis mal partie.

    • Ma pauvre, je ne voulais pas te démoraliser ! Sans vouloir être pessimiste, je pense qu’il faut être réaliste face au marché du travail actuel. Quand j’ai passé mon master, mon école nous a fait croire que les entreprises allaient se battre pour nous recruter (ah ah ah) et qu’on aurait des salaires à 3000 € pour débuter. C’est totalement faux bien sûr mais il m’a fallu quelques mois pour le comprendre en sortant de l’école. MAIS ne baisse jamais les bras ! La culture est un domaine formidable et si tu t’accroches, tu y arrivera !

      • Je me rends bien compte que le marché du travail n’est pas joyeux en ce moment, surtout dans le domaine de la culture. Mais je m’accroche. Je viens d’avoir un stage dans une Fondation reconnue dans le domaine du patrimoine et j’espère que ça sera un tremplin aussi.

  3. Courage !
    je me retrouve (presque) totalement dans ton article ! Pareil, 28 ans, pas d’enfant, bac +5, quasiment 5 ans d’expérience aussi. Mais j’ai dû accepter un boulot (ce que je voulais, donc de ce côté ok), au SMIC, sans possibilité de demander plus ! Mais il faut bien payer les factures et travailler, dans la région où je suis, les possibilités sont limitées. Néanmoins, comme toi, c’est quelque chose qui me reste en travers de la gorge !
    je croise les doigts pour que tu trouves quelque chose qui te plaise ! 🙂

    • Si tu fais un job qui te plait alors le sacrifice de la rémunération vaut peut-être le coup ? Mais cela me révolte de voir tous les jours des gens talentueux et impliqués qu’on paye une misère et qu’on traite comme des numéros… C’est triste parce que avec juste un peu de reconnaissance, ces personnes pourraient s’épanouir mais c’est un autre débat. Je te souhaite beaucoup de courage aussi <3

      • oui, ça vaut le coup, mais c’est frustrant, stt qd on a envie de fonder une famille, etc et qu’on se sent limité parce qu’ils préfèrent exploiter les gens jusqu’à ce qu’ils craquent ^^ et comme tu dis, ne serait-ce qu’un peu de reconnaissance mettrait déjà du baume au cœur ! 🙂

  4. Courage mon petit chat, courage!!! Tu vas y arriver parce que tu es une Marine qui déchire ! J’ai adoré ton article qui me donne (comme souvent) l’impression de lire quelque chose que je pourrais écrire…! L’entreprise qui saura voir ton talent et ta motivation, ton sérieux, ton professionnalisme et ta rigueur, ton esprit vif, organisé, ton intelligence : elle sera chanceuse de te compter parmi ses employés ! Je sais que cette entreprise n’est pas loin et que bientôt tu t’épanouiras.
    Ne lâche rien, tu as entièrement raison sur tous les points cités : je suis de tt coeur avec toi <3
    PS : cher maché du travail, je te hais de tout coeur..haine haine haine, double haine….

    • Ooooooooooooooj je fond complètement devant ce merveilleux commentaire ! Merci énormément mon petit chat de la campagne sauvage ! Cela fait du bien d’être soutenu dans ces moments <3
      PS : il n'y a que toi qui pouvais comprendre la référence hautement cinématographique de mon titre 😀 Dégoût tooooooooootal !!

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