Coup de gueule : Laisse-moi te posséder

15

Aujourd’hui, comme souvent, j’ai envie de pousser un coup de gueule. Ma cible ? Le roman Laisse-moi te posséder de Beth Kery. Alors ce n’est pas ce roman spécifiquement qui me donne envie de hurler sur les éditeurs et les auteurs mais la littérature érotique en général. Je vous explique tout dans la suite de cet article. PS : aucun livre n’a été maltraité pour l’écriture de ce coup de gueule.

Coup de gueule : Laisse-moi te posséder de Beth Kery

Synopsis

Etudiante en art et en architecture, Francesca Arno a été sélectionnée pour réaliser une peinture murale d’exception dans le nouveau building de Noble Enterprises. A la tête de cette société florissante : Ian Noble. Puissant maître. C’est à l’occasion d’un cocktail que Francesca fait sa connaissance. Une rencontre qui se révèle décisive, fatale. Elle est jeune, innocente. Il ne peut résister. Il l’attire, la possède. Et elle aime ça. C’est un jeu passionnel. Un jeu de pouvoir sans aucune limite.

Mon avis sur Laisse-moi te posséder

Je n’aime pas la littérature érotique. Drôle de manière de commencer une chronique sur un roman érotique me direz-vous ! Oui, je n’aime pas la littérature érotique et pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’en lire. Il arrive toujours un moment où je me dis qu’une lecture un peu plus légère ne me ferait pas de mal. Alors je fouille dans les bas-fonds de ma liseuse et j’entame un roman érotique en sachant dès les premières pages que je vais détester. C’est exactement ce qui est arrivé avec Laisse-moi te posséder de Beth Kery. A peine arrivée à la troisième page, je savais que j’allais m’énerver. Ce n’est pas de ma faute mais les romans érotiques font ressortir la féministe en moi !

Mais revenons à notre roman. Laisse-moi te posséder raconte l’histoire de Francesca, une jeune étudiante en art qui, suite à un concours, a gagné le grand privilège de peindre le futur tableau qui trônera dans le hall de Noble Enterprises. Jusque là, tout va bien comme on dit. Sauf que Noble Enterprises décide d’organiser une grande fête dans leurs locaux en l’honneur de Francesca et là, c’est le drame : la belle jeune fille rencontre le grand patron, Ian Noble. Pour moi commence alors le défilé des yeux en l’air, les soupirs exaspérés et j’en passe. Bien entendu, Ian Noble est beau (très beau), jeune, milliardaire, il a tout pour lui, son entreprise est un succès, il a tout ce qu’il veut, bref c’est un personnage principal de romance érotique. Ben oui, parce qu’une romance érotique avec un serveur de chez McDo ce n’est pas pareil… Mais il faut être gentil avec Ian parce que le pauvre chéri a eu une enfance difficile, ce qui le pousse à refuser d’éprouver le moindre sentiment, de s’attacher à quiconque et de se conduire comme un connard le plupart du temps. Oh, wait ! Ça ne vous rappelle rien ? Mais si, c’est la copie conforme de notre cher Christian Grey !

Attention, le coup de gueule commence ! Pourquoi reprendre encore et encore et encore le même schéma que Cinquante nuances de Grey ? L’imagination est une denrée rare maintenant ? Ou alors j’ai manqué quelque chose et les lectrices ont fait une pétition pour supprimer tous les autres types de personnages ? Non parce que là c’est tout de même abusé ! Dans Laisse-moi te posséder, on retrouve le riche dominateur qui ne pense qu’à son petit cul, qui méprise tout et tout le monde et qui prend les femmes pour des Kleenex ! Encore ! Et ce n’est pas mieux du côté féminin parce que Francesca est digne de la reine des niaises, Anastasia ! Bien sûr, Francesca est une soumise, il ne faudrait surtout pas donner un peu de pouvoir à une femme (et le premier qui me dit qu’être soumise c’est avoir le pouvoir sur l’homme, ça va chier je vous préviens !). Et en plus d’être complètement naïve, Francesca est… Vierge ! Ben oui, autant y aller à fond sur le copier / coller ! Chers auteurs de romance érotique, vous savez une femme avec de l’expérience et du caractère c’est aussi séduisant qu’une vierge complètement cruche ! Parole de Smells like rock, vous devriez essayer !

Bon, je vous passe l’histoire de ce roman qui est totalement prévisible puisque notre beau Ian dominateur va se servir de Francesca, la vierge bonne poire, pour en faire sa soumise puis va la jeter en disant qu’il avait prévenu que c’était juste pour du sexe. Oulala, je ne me serais jamais doutée de ce scénario (ceci est de l’ironie). Si on laisse de côté l’histoire et les personnages, j’ai encore un petit point à aborder dans cet article coup de gueule. Le viol, Monsieur Ian Noble, vous connaissez ? Non parce qu’un homme qui dit ouvertement à une femme « Je vais te baiser, je me fous de ton plaisir, je me fais plaisir à moi et tu l’as bien cherché parce que tu m’as énervé à ne pas faire exactement ce que je t’avais dit de faire », ça ressemble étrangement à du viol ! Alors quand Madame n’est pas sage, il est normal que son mec la « baise » violemment pour la punir ? Rien ne vous gêne ? Bêtement, je pensais que faire l’amour était un acte consenti par les deux parties… Apparemment, tout le monde n’est pas d’accord sur le sujet ! Et reprendre ce schéma d’homme dominateur / femme soumise dans tous les romans, vous ne pensez pas que certaines jeunes femmes vont se dire que c’est la norme ? Que quand on est une femme en fait, on doit obéir à son mec, faire tout ce qu’il nous dit et le laisser nous humilier parce qu’on a été méchante ? Vous n’avez pas honte ? Vous devriez, moi j’ai honte pour vous.

Coup de gueule : Laisse-moi te posséder de Beth Kery

Je vais conclure cet article en disant qu’une fois de plus, on nous propose le même schéma que dans 99 % des romances érotiques : homme riche dominateur vs femme vierge naïve. Laisse-moi te posséder n’innove pas, continue de véhiculer une image de la femme totalement dégradante et rétrograde. Je ressors en colère de cette lecture, déçue et totalement dépourvue devant l’image de la femme qu’on véhicule dans ces romans… S’il vous plait éditeurs, auteurs, entendez mon coup de gueule et faites quelque chose !

Smells like rock 

Facebook - Twitter - Instagram

Rendez-vous sur Hellocoton !
Share.

About Author

Je suis la créatrice de ce blog et rédactrice bien entendu ! J’ai une passion pour Disney et les films d’horreur, eh oui j’aime autant les princesses que les zombies (et je ne vous parle même pas des princesses zombies !). Je suis très éclectique comme lectrice mais aussi dans mes choix de films / séries, je passe des comédies romantiques aux drames ou aux thrillers bien sanglants sans aucun problème ! Rien de m’arrête !

15 commentaires

  1. Typiquement le genre d’histoires que je déteste également. Je n’en ai jamais vraiment lu mais la féministe en moi s’exaspère rien que d’y penser. J’aimerais lire 50 shades ou autre pour me faire une idée, mais je n’y arrive pas, alors je lis les chroniques de ceux qui ont eu ce courage et reviennent livrer leur compte rendu de la bataille ! Merci pour ce billet, ça fait du bien de le lire car quand je vois le succès énorme des romans vantant la soumission de la femme, je ne comprends pas cet engouement ! Je suis rassurée de voir des lectrices qui pensent comme moi!

    • Je ne comprends pas que les éditeurs continuent à publier ce genre de roman… Ça me désespère et ça fait rugir la féministe en moi ! Mais apparemment de voir des femmes soumises aux hommes ça fait vendre alors voilà… Indignons nous !

  2. Un roman qui a l’air au top !!!! Je n’ai jamais lu d’autres romans érotiques après avoir terminé fifty shade (qui ne volait déjà pas très haut…)je n’ai même pas lu After, car effectivement le plot de départ est toujouuuuuurs le même. Aucune originalité, bref je passe ce genre pour le moment !

  3. Totalement d’accord avec toi, c’est vraiment un ramassis de clicher, ils ont trouvé la recette avec « fifty shades » alors pourquoi en changer.
    Les femmes qui se tournent vers ces lectures, ont souvent un grand vide sentimental ou sexuel dans leur vie, je ne les blâme pas, ça se comprend, il arrive que parfois on est besoin de rêver et de vivre quelque chose par procuration.
    Ce genre de roman est en général fait seulement pour divertir, et non pour méditer à la Oscar Wilde.
    Mais après j’aurais rien contre un roman érotique plus profond, sans jeux de mots désolée.
    Il en existe surement déjà mais n’ont pas autant de lumière que ces « mommy-porn » .
    En tout cas, ayant lu quelques nouvelles érotiques et la fameuse trilogie fifty shades, pour me faire un avis, j’ai trouvé ça bien ennuyeux.
    Que ce soit livre ou film qui se veut romantique, je trouve toujours ça cul-cul , les histoires ne me parlent jamais, souvent pas réaliste, alors saupoudrer de sexe n’arrange rien j’imagine.
    J’attends toujours un miracle ou une révolution du genre pour apprécier véritablement.

    • Qu’on lise pour s’évader et rêver, oui. Mais est-ce que l’on rêve en lisant qu’un homme soumet totalement une femme et la force à « baiser » et à se plier à toutes ses volontés ? Personnellement, ça me fait plus vomir que rêver mais chacun ses goûts surement… Mais je continuerai à me révolter contre ce schéma totalement sexiste même s’il fait vendre.
      Le miracle viendra peut être un jour 😉

  4. Pingback: Heartless tome 1, Mercy : ma première Dark Romance ⋆ Smells like rock

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :